Les imhumvamps tome 1: Le miracle – Sylvie Ginestet

Quelques extraits

Je rangeai délicatement le petit paquet dans ma poche. Ce n’était visiblement pas le moment rêvé pour le lui offrir, à moins que cela ne le calme.

Il s’assit sur les marches du perron, je l’y enjoignis. Un long silence s’installa. Les minutes me semblaient une éternité. Devais-je entamer la conversation ? J’essayais d’écouter ses pensées, mais je n’entendais rien : il devait me bloquer d’une manière ou d’une autre.

– Pourquoi je ne peux pas lire en toi ? demandai-je sans détourner mon regard de la voiture.

– L’expérience, Lilly ; ce que tu n’as pas, je te le rappelle.

Je fronçai les sourcils et compris qu’il n’était pas en colère : il avait eu peur qu’il m’arrive quelque chose. Que pouvait-il m’arriver ? Il faudrait bientôt que j’affronte le monde extérieur. Je devais m’exposer aux autres… et seule ! Ma première expérience s’était très bien passée. Alors, il n’y avait aucune raison d’avoir peur. Pour ma part en tout cas.

– Si je reste enfermée ici, comment veux-tu que je me débrouille ?


Je m’installai au piano. De là, j’apercevais mon propre reflet dans une fenêtre. Cette robe était magnifique ! Je décidai alors de relever une partie de mes cheveux en chignon, puis je commençai à jouer. Les notes résonnaient dans la salle, je laissais courir mes doigts sur le clavier. Je n’avais jamais joué aussi bien ; avec autant de facilité, d’agilité. Ma concentration était telle que je ne l’entendis pas entrer, mais je le sentis au moment où il s’assit près de moi. A cet instant, une sensation étrange m’envahit. Il posa une main sur la mienne. Immédiatement, la pièce s’emplit d’un lourd silence.

– Tu dois apprendre à contrôler tes émotions, Lilly.


– Quelle est votre quête, Miss Lilly ?

Sa question me décontenança, je ne m’y attendais pas du tout. Dans la logique, c’est moi qui devais entamer la conversation, c’est moi qui devais mener la danse !

– C’est compliqué à dire, mais c’est très important pour moi. Jurez-moi de ne pas vous moquer, et surtout de n’en parler à personne.

– Pourquoi me faites-vous confiance, Lilly ? On ne se connaît pas ?

– C’est exact. Mais je suis mon intuition. Je me trompe ?

– Tout dépend ce que vous allez me demander. Mais pour que vous supportiez deux heures de jazz, ça doit être important.

Cette réflexion me fit sourire et me détendit un peu.

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