Ayana – Leïla Rogon

Quelques extraits

Était-elle en train de rêver ? Pourtant, elle avait la sensation de sentir la chaleur du feu la réchauffer. L’humidité de l’herbe avait mouillé son pyjama. Mais ça ne prouvait rien ! Tout avait l’air si réel et pourtant ce Petit peuple n’existait que dans les contes de fées.


Il ne restait rien de la magnifique maison de style victorien. L’explosion avait soufflé les murs et les fenêtres, ne laissant que de minuscules morceaux de bois et de verre sur lesquels reposait le petit corps meurtri d’Ayana. Le voisinage abasourdi s’approchait lentement de la demeure qui fut autrefois la plus belle du quartier. L’atmosphère lourde et pesante laissait planer un sentiment d’incompréhension, voire d’injustice. Le ciel noirci par le nuage de cendres pleurait et les flammes qui léchaient doucement les dernières poutres de la bâtisse formaient un cercle tout autour du corps inanimé de la jeune fille. Les sirènes des ambulances et des patrouilles de police se faisaient de plus en plus criantes. Arrivées sur les lieux, les autorités délimitèrent le lieu, tandis que les pompiers s’attelèrent à éteindre l’incendie. Qu’avait-il bien pu se passer ? Rien ne laissait présager un tel drame, surtout dans ce petit village où tous les habitants se connaissaient. Malgré l’agitation et le brouhaha des officiers en action, une petite voix se fit entendre. Pendant que certains poursuivaient leur lutte contre le feu, d’autres tentaient de découvrir d’où provenait cette voix. Il fallut plus de cinq minutes aux fonctionnaires de police pour se rendre compte que la jeune fille était encore en vie.


À l’étage, Ayana dormait tranquillement dans son lit. Mais la jeune fille fut dérangée par un bruit étrange. Elle sursauta dans son lit. Le mur à sa gauche se gorgeait d’humidité, libérant de nombreux petits insectes lumineux. Ayana ne put s’empêcher de s’approcher et d’y coller les doigts. Elle tapota doucement à plusieurs endroits, glissant un doigt puis un autre, pas très rassurée, puis finit par traverser. Le mur ne semblait être qu’un voile fin qui séparait deux mondes. Désormais indifférente à la peur, elle voulait comprendre. Elle glissa lentement les pieds à l’intérieur de cet univers enchanté qu’elle ne connaissait pas. L’atmosphère était lourde et pesante. Pas de Petit peuple ce soir. Pas de chant ni de danse autour d’un feu de joie. La forêt. Juste la forêt sombre, froide et angoissante avec au loin un village ou du moins ce qu’il en restait. La jeune fille se déplaça avec prudence. À l’affût du moindre bruit, elle se faisait discrète. Elle évita de justesse la branche d’un arbre et se retrancha sur le côté dans les buissons afin que personne ne puisse la repérer. Elle entrevoyait au loin une silhouette. La distance ne permettait pas de savoir s’il s’agissait d’un être humain ou d’une créature fantastique. Ayana se mordilla la lèvre inférieure. Elle n’avait aucune arme pour se défendre. Elle ne pouvait appeler personne. Devait-elle rebrousser chemin ?

Anna Jeckins se demanda si son travail ne commençait pas un peu à lui monter à la tête. Trop de surmenage ! Elle devrait sans doute prendre quelques jours de vacances.
– Bonjour future lectrice, me vois-tu? Nous avons établi notre premier contact lorsque tu as touché ma couverture. J’ai senti tes doigts contre mon dos. Tu as caressé ma tranche. Tu m’as chatouillé et donc réveillé.
Elle sursauta et d’un geste brusque en fit tombé le livre.

Ayana ouvrit les yeux. Elle regardait tout autour d’elle mais ce qu’elle vit ne ressemblait en rien à sa chambre. Un curieux spectacle était en train de se jouer devant elle. Plusieurs créatures féeriques dansaient autour d’un feu. Elle-même se trouvait assise au milieu de la forêt. Ses mains reposaient sur l’herbe humide à peine éclairée par la lune.
Rêvait-elle ?

Ces petits hommes semblaient faire partie du Petit peuple des collines. Ils ne mesuraient pas plus de quatre-vingt-dix centimètres, avaient de longues oreilles pointues et leurs visages étaient très fins et plutôt gracieux. Aucun d’entre eux ne s’était rendu compte de l’arrivée de la jeune fille. Tous festoyaient, riaient et chantaient. Que pouvaient-ils bien célébrer ? Elle se redressa lentement afin de ne pas les effrayer. Elle tenta de s’approcher mais quelque chose semblait l’en empêcher. Elle décida alors de s’adresser à eux.

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